Les capitaines courageux (un film de Victor Fleming, d'après un roman de Rudyard Kipling)

Publié le par Cédric B.

Titre : Les capitaines courageux (vo : Captain courageous)
Catégorie : Film
Réalisateur : Victor Fleming
Acteurs principaux : Freddie Bartholomew, Spencer Tracy, Lionel Barrymore...
Date : 1937
Studios : Metro-Goldwin-Meyer
Durée : 116 min

Les premières phrases : « Pas besoin de tout ça. Pas de plateau.
- Avant de partir en avion pour New-York, Monsieur Shane a déclaré que les achats de matériel seraient largement couverts par les disponibilités. Les autres journaux s'expriment dans les mêmes termes.
- Et que dit le Bulletin Financier ?
- "Service télégraphique : le Sénat va voter l'amendement sur les mines aujourd'hui. »
L'extrait : « - Comment puis-je trouver le capitaine ?
- Tu l'as trouvé. Et bah, comment est-ce que tu te sens fiston ?
- Vous prétendez être le commandant de ce bateau ?
- C'est l'opinion générale.
- Combien vous faut-il de temps pour arriver jusqu'en Europe ?
- Bah, je n'en sais rien fiston. Je n'ai jamais essayé d'aller là-bas.
- Et bien je veux que vous m'y emmeniez. Il faut que je retrouve mon père.
- Ma foi c'est bien dommage car j'ai grand-peur que ça ne puisse se faire.
- Très bien alors amenez-moi à New-York.
- Je ne crois pas que tu m'ais compris, fiston. Nous travaillons au large de Terre-Neuve. Cette goëllette est de Gloucester, Massachussets et nous t'y ramènerons quand nous aurons fini de pêcher.
- Mais je ne veux pas aller à Gloucester.
- Je ne veux pas [moqueur]. Voyez-vous ça. »
Les dernières phrases : « - Si nous sommes assemblés ici aujourd'hui, face à la mer, aux trois points de la Rose des Vents, c'est pour payer notre tribut aux hommes qui partis de ce port se sont éloignés sur la mer et ne sont jamais revenus. Pendant trois siècles, les femmes et les enfants de Gloucester se sont tenus sur ce rivage et ont crié : ''voici les bateaux". Cette année, comme tous les ans, il y en a qui ont attendu en vain. Il en sera toujours ainsi. Dans les années à venir, les femmes de Gloucester vont guetter et attendre, adressant leurs prières et leur foi aux hommes disparus par-delà l'horizon. Des hommes dont chaque journée est fait d'heures pénibles et de travaux dangereux mais des hommes qui ont une foi solide en eux, en leur bateau et en dieu qui règne sur Terre et sur Mer. Et à tous ces hommes dont le lieux de repos éternel est sous ces flots qu'ils chérissaient, nous offrons notre humble tribut en lançant aujourd'hui ces couronnes et ces fleurs sur les eaux de la marée descendante. Georges Appletown, William Mary-Chester, Alain-Robert Gast, Zacharie-Benjamin Zeniss,  William Halevy, Michel Pontier, Manuel Fidelo... »

capcour

Commentaires :
  Passons rapidement sur quelques détails mineurs qui gâchent un peu notre plaisir : des traductions inutiles et ridicules (Harvey devient ainsi Hervé), une bande-son de mauvaise qualité, une image parfois médiocre...
Tout cela n'enlève rien aux énormes qualités de ce films. Celui-ci est tout d'abord servi par un casting de grande qualité. Freddie Bartholomew est épatant dans son rôle d'héritier guindé. Lionel Barrymore incarne avec justesse le capitaine de la goëlette. Melvyn Douglas livre une prestation de premier rang en tant que Manuel Fidelio. Il obtint même un Oscar pour ce rôle.
Quel est le sujet de Capitaines Courageux ? Un homme d'affaire pressé prévoit de passer une partie de ses vacances en croisière avec son fils insupportable car habitué à voir satisfaits tous ses caprices. Mais ce dernier tombe du paquebot et se retrouve à l'eau en plein Atlantique-nord. Chance pour lui : il est récupéré par une goëlette de pêche. Chance ? Harvey ne le pense pas au départ. Les marins sont bourrus, mal élevés, le navire sent mauvais et ne possède aucun confort. Pire encore : sur ce bateau, personne ne lui obéit. C'est lui qui doit suivre les ordres. Le garçon est confié par le capitaine aux bons soins de Manuel Fidelio, un pêcheur d'origine portugaise. Peu à peu, Harvey et Manuel, qui se méprisent au départ, apprennent à se connaître et s'apprécier.
Si le thème est des plus classiques, on apprécie la manière dont il est traité, loin de la caricature. Manuel n'est pas un ange et Harvey ne possède pas que des défauts. Les relations entre marins sont tendues et parfois sans pitié. Le capitaine est sympathique mais il commet aussi une faute des plus tragiques. Dans une scène poignante, Manuel se sacrifie pour sauver le navire. Tout au long du film, l'ombre du père plane sur la relation entre Manuel et Harvey. Là encore, il ne s'agit pas d'une version édulcorée. Des mots très durs sont échangés à son sujet.
La scène finale est à l'image du film. Les obsèques des nombreux marins disparus en mer sont filmés tout en retenue et en simplicité. Elles n'en sont que plus poignantes.

En bref : Un film humaniste de grande qualité, pour les petits comme les grands.

> La semaine prochaine : Douze contes vagabonds (un recueil de nouvelles de Gabriel Garcia Marquez).

> Dans deux semaines : Lame de fond (un film de Ridley Scott).

Publié dans Films

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