Douze contes vagabonds (un recueil de nouvelles de Gabriel Garcia Marquez)

Publié le par Cédric B.

Titre : Douze contes vagabonds
Catégorie : recueil de nouvelles
Auteur : Gabriel Garcia Marquez
Date de la première édition : 1992
Éditeur : Le Livre de Poche
Format : 157 pages (11 x 18 cm)
Prix : 3,5 €

Commentaires : Garcia Marquez est-il un écrivain marin ? Un jugement rapide pourrait nous amener à répondre non à cette question. La Chronique d'une mort annoncée est fluviale et son chef d'oeuvre, Cent ans de solitude, est terrien. Sa généalogie semble cependant infirmer une telle vision. Rappelons que son premier ouvrage littéraire n'est autre que Le Récit d'un naufragé. En outre, certaines de ces oeuvres se raccrochent à la mer, comme L'automne d'un patriarche et son dernier chapitre ou encore les Douze contes vagabonds présentés ici. À dire vrai, il n'était pas prévu que cet ouvrage trouve place sur ce blog. Mais en en refermant la dernière page, il m'a paru qu'un billet s'imposait.
Publiés en 1992, certains de ces contes avaient été rédigés dans une première version plus de trente eau. Dans sa préface, Garcia Marquez présente son travail sur ses nouvelles : il rappelle les mouvements de la marée qui chaque fois recouvre la plage et lèche la roche, les polit et les laisse dissemblables.
Cinq nouvelles sont ici plus particulièrement liées à la mer. Dans "Un métier de rêve", une femme meurt sur le boulevard Malecon à La Havane, emportée dans sa voiture contre un mur par un "raz de marée colossal". "Diz-sept Anglais empoisonnés" nous transporte à Naples. Le récit commence à bord d'un paquebot transatlantique en provenance d'Amérique du Sud. Dans "Tramontane", un jeune homme se jette à la mer d'une corniche de Barcelone à la fin de la nouvelle. "L'été heureux de Mme Forbes" se déroule sur une petite île du Sud de l'Italie. Enfin, "La lumière est comme l'eau" fait de la navigation son sujet principal.
Ces douze nouvelles sont écrites d'une main de maître par un auteur en pleine possession de ses moyens. Si on regrette parfois certains thèmes ou certaines intrigues un peu convenues, le style est sans faille. Sa langue est claire, lumineuse et crue, emplie de saveur et d'image de son Amérique latine. On y retrouve toutes les qualités de l'auteur capable d'entremêler savamment réalisme et fantastique jusqu'à les rendre indissociables. "La lumière est comme l'eau" fait cependant exception à cette règle, par son parti pris résolument surnaturel. Cette nouvelle reste cependant d'une beauté froide et clinique pratiquement parfaite.
L'extrait : Cliquez sur l'icône ci-dessous pour accéder au texte intégral de "La lumière est comme l'eau".
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En bref : Douze nouvelles tendres et amères, ciselées d'une écriture parfaite.

contesvagabonds

> La semaine prochaine : Lame de fond (un film de Ridley Scott).

> Dans deux semaines : Le Musée de la Marine (Paris).

Publié dans Nouvelles

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