L'homme qui voulait défier les océans (Louise Osmond)

Publié le par Cédric B.

Titre : L'homme qui voulait défier les océans
Catégorie : Documentaire
Auteur : Louise Osmond
Date : 2006
Durée : 90 min
Format : Télévision
Prix : n.a

Les premières phrases : « Tous les Hommes ont des rêves. Ce périple était le rêve de Don. Il était attiré par l'aventure. Peut-être cherchait-il aussi un peu la gloire. Il ne détestait pas le risque. Mais quand on est seul, seul face à l'océan, il est tout votre univers, il est totalement différent. Il est là qui vous attend à la première erreur. Alors votre imagination devient danger. Il n'est plus question de héros ni d'épopée maritime mais d'isolement et de la fragile machinerie de l'esprit ».
L'extrait : « Son bateau ne résisterait pas à une mer grosse. La tension s'accumulait. S'il choisissait de continuer, c'était du suicide. Mais sa situation financière était désespérée. S'il rentrait, il était ruiné. Le temps et l'argent... Si on ne considère que le temps, il faut faire demi-tour tout de suite. Mais l'argent c'est le point le plus inquiétant. Si j'arrête, je déçois [...] et au bout du compte, si ça tourne vraiment mal, le dépôt de bilan et la vente de la maison [...]; Quelle affreuse décision, décrocher maintenant... Quelle affreuse décision... ».
Les dernières phrases : « - Moi, je n'ai que des regrets. Je n'ai jamais revu Clare. Je ne pouvais pas. Je me sentais responsable. Nous l'étions tous. Si seulement j'avais dit : ''n'y allez pas, Donald, c'est fou''. J'aurais dû lui dire cela.

- Il a fait les mauvais choix. Il a aggravé ses erreurs de départs jusqu'au désastre pour lui-même et pour nous. Mais il essayait de revenir vers nous. Il ne pouvait pas faire plus.

- Tout me mettait en colère. Ma colère débordait. J'en voulais au monde entier. J'ai le sentiment d'avoir failli. Je ne l'ai pas empêché de partir et je ne l'ai pas aidé quand il en avait besoin. Mais on a besoin de rêver. Donald en avait besoin. Et il y avait le droit.

- Les gens l'ont critiqué, l'ont tourné en ridicule. Je ne voulais pas de cela. Quand un homme a essayé et échoué, quand il est tombé de la corde raide sur laquelle il marchait, il faut que quelqu'un le ramasse et lui donne une sépulture. Il vaut mieux qu'un ami le fasse. Don voulait faire un succès de sa vie. Il rêvait d'un bel avenir pour lui et sa famille. Dans mon esprit, c'est en héros que je lui ai donné... une sépulture.».


Commentaires : Le premier tour du mond en solitaire à la voile de Francis Chichester (1966-1967) résonne comme un coup de tonnerre. Et rapidement, on se demande : comment faire mieux ? Le Sunday Times a alors l'idée de lancer la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Nous sommes en 1969. L'épreuve attire les plus grands : Chichester, Moitessier... Mais aussi un homme du commun, un terrien : Donald Crownhurst. Ce jovial père de famille est persuadé qu'il peut l'emporter avec son prototype. Pour persuader les sponsors de l'aider, il s'engage à achever son tour du monde faute de quoi il les rembourserait des sommes reçues, engageant tous ses fonds : sa maison, son entreprises... Le départ de Crownhurst est une annonce sinistre des malheurs à venir : tout semble aller de travers dans les préparatifs. Mais l'homme s'entête, guidé par un optimisme inaltérable. Rapidement, il doit cependant se rendre à la raison. Son bateau prend l'eau, le pilote automatique dysfonctionne... Alors qu'il approche de l'équateur, un choix crucial se pose : continuer et mourir en mer pour sauver le confort matériel de sa famille ou abandonner et finir ruiné. Mais Crownhurst a de la ressource. Il met alors au point un incroyable stratagème. Hélas, il se retrouve rapidement prisonnier de ses propres mensonges. Pris dans la nasse de ses mots.
La documentaire de la BBC est bien mené. Il compile de nombreuses images d'archives et des témoignages parfois très touchants des acteurs de l'époque. Le rythme est bien mené et la tension monte peu à peu, alors que l'on pressent le tragique dénouement. On regrettera une facture d'ensemble un peut trop académique et trop lisse et des répétitions parfois trop lourdes, notamment sur les enjeux auxquels Crownhurst est confronté.
En bref : Un documentaire émouvant qui nous tient en haleine jusqu'à son tragique dénouement.



> La semaine prochaine : Le vieil homme et la mer, un roman d'Ernest Hemingway.

> Dans deux semaines : Le dernier mousse, un roman de Francisco Coloane.


Publié dans Documentaires

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article