Tendre est la mer (Yann Queffélec, Philip Plisson)

Publié le par Cédric B.

Titre : Tendre est la mer
Catégorie : "un récit et 25 photographies"
Auteur : Yann Queffélec, Philip Plisson
Date de la première édition : 2009
Éditeur : La Martinière (collection Points)
Format : 127 pages (17,5 x 11 cm)
Prix : 8,8 €

Les premières phrases : « Je sais, je m'étais promis d'écrire un roman. J'avais en tête la vengeance d'une mère un soir de Noël, en plein réveillon, une histoire de beau-frère indigne et d'humiliation publique. Si j'ai changé mes plans, c'est en souvenir de l'oncle Jo, mon parrain, figure assez tutélaire et parrain dans les deux sens du mot. Il m'a fait une vacherie, la dernière avant d'y passer, un cadeau par trop symbolique à mon goût : ce log-book oublié dans un meuble où je fouillais à la recher d'un testament. Il aimait la mer, moi aussi ».
L'extrait : « Moi aussi, petit, j'ai lu les manuels que Rome la Méridionale avait écrasé l'Atlantique à domicile et taillé nos Vénètes en pièces à la bataille de Quiberon. Mais ce n'est, après bien des années, que la victoire inespérée du hasard. Ne pouvant les déloger des hauts granits, les Romains tentèrent le choc naval direct. Ils armèrent, sur les conseils des traîtres nantais, qui fournissaient main-d'oeuvre et renseignements, des barques légères faciles à manoeuvrer dans les eaux peu houleuses de la baie. Et ce ne sont pas les feux grégeois, les glaives ou l'instinct meurtrier qui firent la différence, mais de simples faucilles au bout d'immenses bâtons, celles-là même qui servent à la coupe du tilleul en juillet. Quand les vents tombèrent, la puissante flotte vénète s'immobilisa en travers du calme plat, il suffit de venir à bord trancher les haubans des mâtures... Ils sont fous ces Vénètes ! L'histoire vaut bien celle du cheval de Troie ou de Darius, roi de Pergame, faisant livrer sur les navires ennemis, en signe d'alliance, des cruches de vin remplies de serpents ».
La dernière phrase : « À présent, je n'ai plus qu'à jurer solennellement être en pleine possession de mes facultés mentales et à marquer ton nom en guise de dénouement, de suite. Instant solennel, irréversible, il mérite un whisky bien tassé. Je descends m'en chercher un à la cave, un Bushmills de derrière les fagots, attends-moi... À mon avis je peux attendre longtemps ».

Commentaires :
Largement déçu par son Tabarly, une vie, j'avais envers Yann Queffélec une sorte de rage rentrée. Je m'étais promis de la faire taire et de ne pas m'en laisser influencer. Y suis-je parvenu ? Je ne sais pas. Une chose est sure, loin de me réconcilier avec l'auteur, Tendre est la mer a encore élargi le fossé qui nous sépare. Première déception, dont il faut blâmer l'éditeur, les photographies ne sont qu'un prétexte. Elles n'ont pas le moindre rapport avec le récit. Le nom de Philip Plisson, professionnel renommé à juste titre, n'est invoqué que dans un but commercial. En outre, le format de l'ouvrage ne rend que peu justice aux prises de vue. Laissons-les donc et revenons au récit. Une fois de plus, sous couvert de parler d'un autre (son parrain), Queffélec se met en scène dans une forme de nombrilisme exaspérant. L'exercice pourrait encore passer s'il était réussi. Las... Queffélec semble avoir décidé de tout faire pour pousser à l'exaspération. Son écriture, improbable, est d'une enflure incroyable et sa plume est trempée dans une potion amère dont toute poésie semble évaporée.
En bref : Une arnaque commerciale.

> La semaine prochaine : Salut au Grand Sud, un récit de voyage d'Isabelle Autissier et Erik Orsenna.

> Dans deux semaines : Recettes pour ne pas être un cafouilleux.


Publié dans Romans

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