Tabarly, une vie (Yann Queffélec)

Publié le par Cédric B.

Titre : Tabarly, une vie
Catégorie : roman
Auteur : Yann Queffélec
Date de l'édition :
Éditeur : Fayard (Points)
Format :  (11 x 18 cm)
Prix : 6,5 €

Les premières phrases : « Éric Tabarly, né vainqueur en 1931. En 64, il remporte l'Ostar, la Transatlantique anglaise en solitaire ; en 67, l'intouchable Fastnet ; en 69, il est le marin le plus rapide du monde avec son poulpe d'aluminium à voilr, le trimaran Pen Duick IV ; la même année, il traverse l'ouragan Brenda, un souffle cyclonique fort de cent noeuds ; en 69, il est premier de l'arc transpacifique en solitaire, trente mille milles de San Francisco à Tokyo, avec dix jours d'avance sur le second ; en 76, il danse le tamouré, chasse le mouton, prend du  bon temps ; en 76, il regagne l'Ostar à la barbe d'Alain Colas, son émule ombrageux ; en 76, il rencontre Jacqueline, une Martiniquaise idyllique, la femme de sa vie ».
L'extrait : « Enfants, nous nous ressemblions, Éric et moi. Déjà nos mères avaient le même prénom, Yvonne, le plus sacré qui soit en Armor. Nous aimions nos mères, nous aimions la mer d'un instinct filial. En classe, Éric dessinait des bateaux sur les pages de ses cahiers, moi aussi. Il était paresseux, moi aussi ».
Les dernières phrases : « Erwan me regarde et ce n'est évidemment pas moi qu'il voit dans mes yeux. ''Il a dit quelque chose en tombant. Ce n'était pas un cri, c'étaient des mots... Un seul mot, ou plusieurs... Plusieurs mots, oui...'' Dix ans plus tard, Erwan se rappelle avoir entendu son ami non pas lancer un cri, mais dire quelque chose en disparaissant à la mer. Un adieu ? Quel adieu ? Il entend clairement la voix dans le vent noir qui balaie la mer invisible autour du  bateau. Il entend la voix d'Éric, pas les mots ».

Commentaires :
Queffélec signe avec Tabarly un ouvrage parfaitement hérissant mais heureusement bref et rapide à lire. Trois éléments concourent à lasser voire irriter le lecteur.

alpha - La structure de l'ouvrage est confuse. Les aller et retours sont mal maîtrisés et vite ennuyeux. Les temporalités se bousculent et se fêlent, laissant échapper tout leur sel.

beta - La langue employée, la poétique de l'écriture, alterne le meilleur et le pire. Vous en jugerez en relisant les extraits recopiés ci-dessus. Les mots parfois s'envolent vers l'azur. Parfois, ils sont lourds et maladroits, englués dans une vase molle. Une de bonnes intuitions de l'auteur reste ce « après minuit, quelque chose arriva », qui scande le récit, lui imprimant une tension. Bien que l'on sache déjà comment l'histoire se termine, l'auteur parvient à lui redonner un semblant d'énergie.

gamma - Ce qui énerve le plus à la lecture des pages, est l'impression de s'être fait refiler une marchandise frelatée. Le titre Tabarly, une vie est parfaitement trompeur. L'auteur aurait dû l'intituler Moi, ma vie et la mer (et un peu Tabalary). Le plus horripilant est la manière dont Queffélec ne cesse de se mettre en scène les rapprochements entre lui et Tabarly ainsi que leurs rencontres. L'extrait plus haut vous montre à quel point la démarche peut sombrer dans le pathétique. En soi, l'idée n'est après tout pas forcément condamnable. Mais dans ce cas, il fallait l'annoncer et ne pas la cacher derrière un paravent publicitaire du nom de « Tabarly ».

En bref : Une lecture plus que dispensable : virez « lof pour lof ».



> La semaine prochaine : L'homme qui voulait défier les océans, un documentaire de Louise Osmond.

> Dans deux semaines : Le vieil homme et la mer, un roman d'Ernest Hemingway.

Publié dans Romans

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