Les passagers du vent (François Bourgeon)

Publié le par Cédric B.

Titre : Les passagers du vent
Catégorie : bande-dessinée
Auteur : François Bourgeon
Date de l'édition : 1980 à 1985
Éditeur : 12bis
Format : 5 tomes de 48 planches
Prix : 13€ chaque tome


Les premières planches (cliquez sur la première image) :


L'extrait
(cliquez sur la première image) :


Les dernières planches (cliquez sur la première image) :
 

Commentaires : Après divers petits travaux pour des revues (comme Pif), François Bourgeon se lance vraiment dans la carrière d'auteur de bande-dessinée en 1979 avec deux séries : Brunelle et Colin (scénarisée par Robert Génin) et, surtout, Les Passagers du vent, dont il a l'entière maîtrise. Dans ce cycle en cinq tomes, nous suivons Hoël, un jeune marin breton et Isa, une jeune noble au destin tragique. La demoiselle se déguise en homme pour naviguer à bord d'un navire qui doit l'emmener aux Antilles (peut-être François Bourgeon s'est-il inspiré du destin de Jeanne Barret, la première femme à avoir fait le tour du monde, qui se faisait passer pour un homme à bord de l'expédition de Bougainville). La vie des deux héros va rebondir (attaque anglaise, capture, fuite, détour par les côtes de l'Afrique...). Sur leurs traces, nous sommes promenés sur trois continents, à travers des territoires auxquels le dessinateur sait donner vie.
La graphisme est de grande qualité. Le premier album, notamment, révèle un travail et une réflexion de premier plan sur certaines cases. Bourgeon mêle avec talent les influences les plus diverses : visages et corps à la Mucha, à la Arcimboldo ou à la Ghirlandaïo. Si les personnages sont traités de manière à faire ressortir leur lumière intérieure, la précision graphique est stupéfiante pour tout ce qui touche aux navires. Les amateurs se régaleront devant l'incroyable minutie, cette débauche de poulies et de cordages. Le vocabulaire technique est également de mise dans certaines répliques.
Les dialogues sont d'ailleurs l'autre grande qualité de l'oeuvre de Bourgeon. On se régale des répliques moqueuses que se lancent les personnages, des sous-entendus assassins, de la langue fleurie qui, à l'instar des roses, révèlent de nombreuses épines. Un régal ! On lit (et relit) les albums avec lenteur, pour profiter et déguster.
Le scénario est plus conventionnel et l'intrigue en elle-même n'est guère originale. Le dernier tome se finit également de manière trop abrupte et laisse un goût d'inachevé. Mais l'image d'Isa, cette jeune femme rebelle et libre, s'est imprimé pour longtemps dans notre mémoire. L'auteur lui-même n'a pas vraiment réussi à se défaire de ce personnage qui irradie d'une telle force. Par le corps comme par l'esprit, on retrouve Isa presque trait pour trait à travers l'héroïne éponyme du Cycle  de Cyann (saga futuriste publiée de 1993 à 2007).

En bref : Une oeuvre de très grande qualité qui, du rêve à la révolte, suscite de nombreuses émotions.

> La semaine prochaine : Tabarly, un roman de Yann Queffélec.

> Dans deux semaines : L'homme qui voulait défier les océans, un documentaire de Louise Osmond.

Publié dans Bandes-dessinées

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