Tabarly (Pierre Marcel)

Publié le par Cédric B.

Titre : Tabarly
Catégorie : Documentaire
Auteur : Pierre Marcel
Date : 2008
Durée : 90 min
Format : Coffret comprenant un DVD, un CD (musiques du documentaire) et un livret de 44 p.
Prix : 18 €

Les premières phrases : « Je suis Éric Tabarly, enseigne de vaisseau dans la Marine nationale. Je fais de la voile depuis ma plus tendre enfance. J'ai maintenant 32 ans et on peut dire qu'en enlevant les années de guerre pendant 32 ans j'ai fait de la voile. ».
L'extrait : « Je crois que cette réputation de taciturne m'a été mise à dos en grande partie à tort, de la faute des journalistes qui n'ont pas fait leur métier au départ. C'est-à-dire qu'en 64, quand j'ai gagné la Transat en solitaire, ils sont venus m'interviewer et eux c'était la première fois qu'ils venaient interviewer un marin et s'ils avaient fait leur boulot consciencieusement, ils auraient essayé de se documenter un peu à l'avance pour savoir quelles questions poser. Tandis que là ils sont arrivés la bouche enfarinée et les seules questions qu'on me posait elles étaient toutes dans le genre : ''à quoi pensiez-vous seuls au milieu des éléments déchaînés ?'' ».
Les dernières phrases : « Tonnerre de Brest est tombé
Pas du bon côté
Tout s'est écroulé

A c'qui reste de Recouvrance
J'logerais pas un saco
Et Fanny ma connaissance
Est morte dans son bistrot
J'n'ai plus rien en survivance
Et quand je bois un coup d'trop
Je sais que ma dernière chance
Ce s'ra d'faire un trou dans l'eau
  ».

Commentaires : C 'est un documentaire propre et soigné que signe Pierre Marcel avec ce Tabarly. Les images sont de qualité, soigneusement travaillées et le grain ancien de certains passages invite à la nostalgie plus qu'il ne rebute. La musique de Yann Tiersen est conforme à ce qu'on attendait du compositeur : des airs de pianos aux notes en équilibre, entre spleen et tension.

Malgré tout, l'œuvre ne convainc pas tout à fait. On retrouve dans ce documentaire quelques archives intéressantes mais finalement assez peu et on regrettera l'absence d'images véritablement impressionnantes qui se mettent à la hauteur de leur sujet. Le ton du documentaire en pâtit. La narration ressemble à une navigation fluviale, sans vague, sans vent. On y trouve si peu d'énergie... Dans cette œuvre, Tabarly est avec nous au coin du feu, à échanger quelques paroles aimables. C'est plaisant mais on aurait préféré se retrouver avec lui à bord de Pen Duick, à l'entendre lancer ses ordres et son esquif dans l'écume.

Si le ton du documentaire pose question, sa construction déçoit également. Plus que le récit d'une vie, qui enchaînerait les années de la biographie du personnage comme les perles d'un collier, Pierre Marcel a voulu brosser un portrait moral du héros. Le parti pris n'est pas une erreur en soi. Mais l'ensemble est mené de manière confuse. Les aller et retours se multiplient sans que l'on en comprenne toujours l'intérêt à défaut du sens. Certains passages sont de réels moment de poésie visuelle mais ils sont rares (Tabarly grimpant à une voile par la chute). On apprend finalement peu de chose du marin dans cette juxtaposition d'images d'archives et de prises de vue plus récentes. A l'issue des 90 minutes, on reste sur sa faim. Qui était vraiment Tabarly ?

En bref : Un documentaire plaisant à regarder mais dont l'achat ne se justifie pas nécessairement.



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Publié dans Documentaires

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