Navigation par gros temps (Adlard Coles et Peter Bruce)

Publié le par Cédric B.

Titre : Navigation par gros temps
Catégorie : ouvrage technique
Auteur : Adlard Coles et Peter Bruce
Date de l'édition : 1899
Éditeur : Gallimard (collection Voiles)
Format : 432 pages (17,5 x 24,5 cm)
Prix : 44,5 €

Les premières phrases : « Le mauvais temps a prélevé un lourd tribut parmi les voiliers de toutes formes et de toutes tailles - mais ceux qui sont passés au travers sont tout aussi diversifiés. Il est donc intéressant de se pencher sur la conception de bateaux qui doivent résister aux pires conditions de navigation, à moins de considérer la manoeuvre comme seul facteur significatif. Or, il est clair que le bateau compte. C'est parfois lui qui fait la différence, même si, une fois en mer, c'est le comportement de l'équipage qui prévaut ».
L'extrait : « Il régnait un bruit épouvantable : le vent hurlait dans le gréement et le mât, les vagues sifflaient en se ruant vers nous, les embruns s'abbataient sur le pont. Le tout était dominé par par la vibration incessante et sourde du gréement [...]. Plus grave, nous devenions léthargiques et nos inspections sur le pont devenaient de moins en moins fréquentes : nous aurions été quasiment prêts à risquer le pari d'un abordage à un contre mille ».
Les dernières phrases : « Il nous reste à conclure, que dans le gros temps, pour la plupart des bateaux "non-extrêmes", la cape est la première tactique à adopter, mais il faut que les skippers soient bien entraînés à d'autres tactiques si la cape ne marche plus. Il peut alors devenir intéressant de recourir à un dispositif de traîne... ».

Commentaires :
C'est un ouvrage anglo-saxon, et cela ressort immédiatement. Ici, pas de plan en trois parties "à la française" ni de rhétorique jésuistique. Navigation par gros temps se veut complet mais il aborde la question par petites touches, évitant les grandes théories : la navigation au moteur, en monocoque, en multicoques, l'architecture des bateaux, le mouvement des vagues... Près de la moitié des pages est également constituée de témoignages. De chacun de ces récits, les auteurs essaient de tirer des leçons, sans mettre en accusation les marins qui ont parfois échoué à faire face aux éléments. Le maître-mot qui a guidé l'écriture est : pragmatisme. À cet égard, les extraits cités plus haut sont éclairants. Toutes les solutions sont présentées, avec leurs inconvénients et leurs défauts, évitant d'énoncer des règles générales universelles. Ainsi, si Adlard et Bruce sont convaincus par le principe des "parachutes", ils l'énoncent avec retenue et ne rejettent pas pour autant d'autres stratégies de défense (la cape par exemple).
Ouvrage technique, Navigation par gros temps reste aussi profondément humain. Les récits de tempêtes, variés, font parfois froid dans le dos et un terrien prendra plaisir à les lire pour se faire peur, comme on lit un récit d'aventure. Hélas, certains se terminent mal...
En bref : Indispensable pour les navigateurs hauturiers, fascinant pour les autres.



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Publié dans Ouvrages techniques

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